Marcher 6000 km le long du Nil pour
la bonne cause

C'est l'incroyable défi que s'est lancé Claude Cazes, un jeune explorateur de 39 ans au grand cœur qui vit sa vie comme une aventure. 

 

Dès son plus jeune âge, Claude s'est laissé porter par son irrésistible envie de découvrir le monde et de repousser ses propres limites.

 

A ses 19 ans seulement, il a réalisé son premier voyage initiatique en Chine pour se perfectionner dans la pratique du Kung-fu, comme il me l'explique au tout début de notre entretien : « en fait, je faisais du kung-fu pas très loin de chez moi, du côté de Béziers. Comme le frère du maître qui m'enseignait les arts martiaux vivait à Shanghai, il m’a appelé pour participer à un tournoi ! Sans hésiter une seule seconde, j’y suis allé alors que je n'étais encore qu'un novice. A l'époque même si je n'étais pas allé très loin dans la compétition, je ne m'étais pas dégonflé. Quand j’ai une idée en tête, j'agis, je ne réfléchis pas plus longtemps. Je veux aller au bout des choses et surtout ne pas avoir de regrets par la suite. Il fallait que j’aille en Chine. C'était une évidence pour moi. J’y suis resté quand même trois semaines. Le fait de dépasser les frontières géographiques et mes barrières psychologiques, était déjà une première victoire. Ça a été en tout cas une très belle expérience de dépassement de soi. »

Quelques années après son périple chinois, Claude fait son retour sur le continent asiatique, toujours guidé par ses rêves et sa passion pour la pratique sportive. Il est parti cette fois-ci en Thaïlande pour apprendre la boxe thaï. Comme il me le raconte : « c’est un sport qui m’a toujours attiré, à travers les nombreux films que j'ai pu voir enfant. Le film « Kickboxer » de Jean-Claude Van Damme tourné en Thaïlande, m’a beaucoup inspiré et c'est à ce moment là précisément que j'ai décidé de faire de la boxe-thaï.»

 

Claude devait partir seulement six mois, mais il y restera finalement près de deux ans, avec de nombreux allers-retours en France pour rendre visite à sa famille dès qu'il en avait la possibilité. Claude se rappelle de cette époque : « J’étais dans un camp d’entraînement à Chiang Mai, au Nord du pays. Au fil du temps, mon entraîneur a décelé en moi un vrai potentiel. Il m’a donc proposé de faire des combats. Là-bas, ça rigole pas. C’est essentiellement de la compétition professionnelle et dans leur pratique il n’y a pas d'équipement de protection comme en France ! » 

À travers cette deuxième expérience marquante, Claude a pu visiter six pays autour de la Thaïlande et s'est rendu également aux États-Unis pour suivre des entraînements spécifiques.

Par la suite, il a encore beaucoup voyagé, lorsqu'il s'est engagé dans la Marine Nationale ou encore quand il était technicien sur les plateformes pétrolières offshore et onshore notamment en Afrique de l'Ouest.

 

Puis il a rejoint la Légion Étrangère en tant qu'artificier démineur durant 3 ans pour des missions en Guyane et en Côte d’Ivoire. Claude me décrit ce moment important dans son parcours : «  Ça était une belle école de la vie, ça m’a appris énormément sur moi.  La Légion, c’est quelque chose que je voulais faire étant déjà tout petit. À mes 12 ans, alors que j’étais assis dans un bar avec mes cousins, beaucoup plus grands et âgés que moi, il y avait un groupe de légionnaires. Quand je les ai vus avec leur tenue impeccable, ils avaient une telle aura, un tel charisme, que ça m’a profondément marqué. Je me rappelle avoir regardé mon cousin fixement en lui disant :  "un jour, moi aussi je serai légionnaire". Un adjudant placé juste à côté de moi, m’a regardé et m'a dit : "Je te souhaite vraiment de ne jamais entrer à la Légion, car le jour où tu y entreras, ça voudra dire que tu n’auras alors plus de famille". Du haut de mes douze ans, je ne m'étais pas démonté et lui avais répondu du tac o tac : "J’irai quand même ! " quinze ans après c'était chose faite. »

Claude s’est facilement adapté à ce nouvel environnement militaire, m'assure-t-il au fil de notre échange : « pendant près de deux ans en Thaïlande, je m'étais entraîné durement six heures par jour, six fois par semaine. J’avais une condition physique poussée à l'extrême. J’étais bien affûté comme on dit. Donc lorsque je suis arrivé à la Légion, j'étais prêt, que ce soit d'un point de vue physique ou psychologique. Je suis d'ailleurs arrivé premier pendant les classes de la Légion étrangère, devant pas moins de 60 nationalités. »

C'est grâce à ses premières expériences de jeunesse, qu'au fil des années, Claude a pu tailler un mental de battant et se forger une volonté à toute épreuve. Ce que je comprends en écoutant le récit de son histoire, c'est qu'on ne devient pas aventurier, on naît aventurier.

Pourtant pour vivre de ses rêves, Claude a dû faire beaucoup de sacrifices et surmonter de nombreux obstacles pour atteindre aujourd'hui ses objectifs et réaliser ses premiers projets d'expédition d'envergure.

 

Claude a des défis plein la tête. Le dernier en date : une marche de plusieurs milliers de kilomètres le long du Nil jusqu'en Égypte pour apporter des médicaments aux populations locales.

Crédit photo : Claude Cazes

Crédit photo : Claude Cazes

Claude a commencé son périple à travers l'Afrique de l'Est, le 30 mars 2021, directement à la source du Nil au Burundi, puis il a traversé à pied seul et en semi-autonomie durant plus de quatre mois, 5 autres pays, la Tanzanie, l’Ouganda, le Soudan du Sud, le Soudan et pour finir l’Égypte. Il me décrit brièvement son itinéraire : « Au nord du Burundi, je suis passé le long de la rivière Kagera, qui sert de frontière avec la Tanzanie, pour arriver ensuite sur le lac Victoria, qui a été ma première grande et belle destination en Tanzanie. Puis je me suis dirigé en direction du lac Albert au Nil Blanc… »

Autant de paysages et d’animaux aussi merveilleux qu’hostiles, avec lesquels il a dû cohabiter et qui lui ont sans doute compliqué à maintes reprises son parcours. Lors de notre discussion, Claude me précise comment il s'est préparé à toutes ses épreuves : « c’est un projet qui a demandé beaucoup de préparation. J'ai d'abord essayé d'identifier les principaux risques. Je les ai listés sur un carnet, point par point. Le premier risque et non des moindres, c’est l’aspect humain, avec les conflits géopolitiques, surtout en Ouganda en proie à de nombreuses violences et au Soudan exposé à des luttes inter-ethniques. Il y a des zones dangereuses à éviter absolument, d’où la nécessité de se faire aiguiller par des guides une fois sur place. Les ONG font partie intégrante de l’aventure.  Sans elles, je n'aurais pas réussi mon expédition et pu établir un itinéraire qui tienne la route. Elles m'ont indiqué où je pouvais passer en toute sécurité. J’ai dû aussi établir énormément de contacts pour recueillir le maximum d’informations sur les situations des pays traversés (Burundi, Tanzanie....), sur les types d’animaux rencontrés, aussi sur le climat pour savoir quel serait le moment idéal pour partir. L’ONG par qui tout a commencé et qui m’a mis en contact avec les autres s’appelle « À portée de mains ». Elle a été créée en 2010 par un couple de Français, Nicolas Travaillé et Delphine Jauseau, qui œuvrent depuis quelques années à informer, structurer et sensibiliser la jeunesse du Burundi sur sa capacité à développer des projets sur leur territoire. Grâce à leur aide précieuse, les 6 ONG situées sur mon chemin ont reçu chacune de manière symbolique mais significative, une partie des médicaments que j’avais pu récupérer de France. Mais au final, mon aide principale a été financière, grâce à une collecte de fonds ouverte et redistribuée aux ONG pour développer leur propres actions et pour qu’elles puissent aussi acheter des médicaments beaucoup moins chers dans leurs pays que ceux que je leur ai apportés. Le principe est d’amener des médicaments aux ONG qui ensuite les donneront à des cliniques et hôpitaux avec lesquels elles travaillent. Je ne me voyais pas donner directement les médicaments aux personnes croisées en chemin, vu que je ne peux pas évaluer leur état de santé ou leur maladie n'étant pas médecin. »

 

Grâce à ses partenaires, Claude a permis la distribution de médicaments contre le paludisme, les diarrhées, les fièvres récurrentes et des antibiotiques pour aider la population locale qui manque cruellement de soins médicaux.

 

Il me précise les raisons de sa démarche humanitaire : « Je ne pouvais pas partir à l'aventure juste égoïstement, sans essayer de leur apporter une aide, sachant que j'allais sans doute côtoyer la population sur place et dormir chez des habitants. Alors, je voulais pouvoir leur amener quelque chose de concret et d'utile en retour. »

Crédit photo : Claude Cazes

Claude Cazes n’a pas réfléchi longtemps pour contacter l’un de ses premiers partenaires clé dans la réussite de cette aventure, Laurent Gamez, qui tient la pharmacie Sarda de Béziers. Il me raconte comment le premier contact s'est établi : « quand je lui ai parlé du projet, il m’a certifié que je pouvais compter sur lui pour la distribution des médicaments. Pour des raisons évidentes de sécurité, sachant que je pouvais être une cible dans certains pays à risque, j'ai décidé de ne pas transporter moi-même les médicaments, car ils restent rares et précieux en Afrique. Mon ami pharmacien m’a aidé dans la logistique. Très rapidement, j’ai pu aussi compter sur les membres de l’ONG  « à portée de mains », qui m’ont proposé de s’occuper de toute la partie administrative. Ils m'ont aidé notamment pour les droits d’entrée, les visas, etc... Le budget prévisionnel pour assurer toute l'organisation de l'expédition était d'environ 20 000 € sans les frais liés aux médicaments. Sur les réseaux sociaux, on a fait un appel aux dons. Une partie des fonds sera reversée à l’ONG « A portée de mains ». Cela leur servira au développement de projets d’éducation et d’insertion et contribuera à l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables. Ce qui m’a motivé dans un premier temps pour mener à bien ma mission, c’était de pouvoir mettre la lumière sur ces pays Africains dans le besoin, il ne faut pas les oublier, il faut les aider encore et toujours, parce qu’ils n’ont pas parfois de robinet pour avoir de l’eau, ils n’ont pas de pharmacie à proximité, dans la grande majorité ils n’ont pas d’interrupteur comme nous sur lequel appuyer pour avoir de l’électricité. Ma traversée de l'Afrique de l'Est en autonomie quasi-complète est un défi physique, mais pour moi, c'est aussi une façon de parler de la situation de l’Afrique qui me tient à cœur et qui reste la grande oubliée de notre planète. Mon message s’adresse aux générations futures et à toutes les personnes qui ont envie de faire quelque chose de bien dans leur vie : quand on y croit fort et que l’on y met toutes ses forces on y arrive forcément. C’est ce que j'ai essayé de prouver en allant au bout de mon aventure malgré les nombreuses embûches rencontrées en chemin. »

 

Durant son périple en Afrique, Claude Cazes a ainsi échappé deux fois à la mort. Une première fois suite à une intoxication qui l’a conduit tout droit à l’hôpital, l’autre en raison d’une embuscade créée par des bandits armés au sud du Soudan, alors qu’il empruntait la seule route entre Nemule et Juba. 

 

Ces deux mésaventures ne sont pas les seules difficultés qu’il a rencontrées. Il a dû faire plusieurs demi-tours afin d’éviter des situations dangereuses, prendre les airs car les frontières terrestres étaient fermées. Il a été contraint aussi d'appeler ses partenaires financiers, car son argent lui a été volé pendant son sommeil alors qu'il s'était endormi d'épuisement ou encore il s'est vu contraint d'appeler l'ambassade de France à son arrivée en Egypte, car il a été retenu contre son gré par les autorités locales durant 15 jours pour « vérification administrative ».

Outre toutes ces difficultés, Claude s'est retrouvé confronté à un environnement souvent hostile devant faire face à de nombreuses espèces animales qui vivent dans ces contrées tels que les gorilles, les lions, les léopards, les hippopotames … Lors de notre discussion, il m'en dit plus sur sa connaissance de ces milieux naturels : « j’ai longuement étudié sur internet les différents types de terrains traversés, qu'ils soient montagneux, ou dans une ambiance plus tropicale dans la jungle. Je savais qu'il y aurait des précautions à prendre avec certains animaux comme les hippopotames par exemple, qui peuvent être très agressifs si on n'y prend pas garde. Parmi tous les animaux, ils font selon moi partie des plus dangereux. L'hippopotame vit en groupe et quand on s’approche de trop près, il devient très agressif et charge instinctivement l’humain. En Ouganda, pour remonter la rivière Kagera, j'aurais pu croiser des gorilles, des léopards, jaguars… Il y avait aussi des serpents, des scorpions et bien sûr des crocodiles au bord du Nil. Dans cet environnement sauvage, on n'a pas le droit à l'erreur. En plus du climat tropical compliqué à gérer, j'ai dû marcher dans la savane, mais aussi dans des marécages. Pour éviter de les contourner et de rallonger la route, j'ai dû parfois les traverser. Heureusement que j'avais prévu des chaussettes anti-sangsues. Une infection aurait pu mettre fin très rapidement à mon expédition. Les conditions climatiques et les reliefs géographiques ont donc été parfois dur à supporter physiquement. »

 

Sur ce dernier point, Claude m'en dit plus sur les conditions de son entraînement : « physiquement je suivais déjà  une préparation très rigoureuse et intense, car je me préparais à marcher au Groënland avant de me lancer pour la traversée de l'Antarctique, projet prévu initialement pour 2021 que j'ai dû reporter à 2022 en raison de la pandémie de coronavirus et de la fermeture des frontières. Heureusement de nature prévoyante, j’avais préétabli les 5 années d’expéditions à venir. Pour cette nouvelle aventure en Afrique, je pouvais donc compter sur mon programme d'entraînement quotidien. Comme un véritable athlète j'ai essayé d'habituer mon corps aux efforts extrêmes. Pour cela, j'utilisais un masque qui simule une respiration à plus de 4 000 m d’altitude, mais aussi un gilet lesté et parfois même une luge à tirer. Pour me familiariser aux températures du Pôle Sud, je prenais régulièrement des douches à l’eau froide ou lors de séances de cryothérapie, il m'arrivait de me plonger dans un bain de glace, comme le fait le Néerlandais Wim Hof surnommé « l'homme de glace » (Iceman) qui détient des records de résistance en condition de froid extrême, que j'ai tenté de battre à mon tour.

Crédit photo : Claude Cazes

Toutes ces pratiques et exercices m'ont permis de progresser très rapidement. Mes journées étaient ponctuées de courses à pied (2 fois par jour avec une moyenne de 30 km parcourus quotidiennement) en tractant des charges d’environ 10 à 50 kg, similaires au poids que je devrais tracter durant mon expédition en Antarctique. Aujourd'hui, je cours désormais les 10 km en 36 minutes, alors qu’il y a quelques années de cela je les parcourais en un peu moins d’une heure. A force de travail et de persévérance, j'ai gagné en force, en endurance et en capacité respiratoire. J’ai également travaillé mon horloge interne, afin de pouvoir récupérer plus vite durant des phases de sommeil assez courtes. Pour la respiration, je me suis intéressé à la méditation et à l’apnée en suivant les conseils de la spécialiste mondiale, la Valrassienne Brigitte Banégas. J'ai ensuite interrogé plusieurs ironmens sur leur mode d’entraînement. J'ai aussi recueilli les conseils avisés de trois explorateurs aguerris : Rémi Camus, Loury Lag et Alban Michon. Tous les trois, ont eu la gentillesse de me laisser les appeler pour avoir des retours sur leurs expériences respectives en matière de pêche, chasse et cueillette pour que je puisse me débrouiller tout seul pour m’alimenter en pleine nature. Ils m’ont recommandé d’avoir dans mon sac à dos plusieurs jours, voire une semaine de nourriture, qu’elle soit lyophilisée ou pas, pour assurer les jours où il n’y aurait rien à manger. Je n'ai donc pas fait cette expédition en autonomie totale, même si j'ai pu mettre en pratique mes années d’expérience en matière de survie au sein de la Légion étrangère. J'ai donc suivi les conseils des uns et des autres. J'ai pris une réserve de secours alimentaire avec un kilo de riz, un kilo de larves séchées et un kilo de fruits secs. Pour assurer mon ravitaillement en eau, je me suis équipé de filtreurs d’eau, car j’avais avec le Nil toujours un cours d’eau à proximité.  Pour me reposer le soir, j’avais une bâche pour me faire un toit. Dans certains endroits où l’ambiance était tropicale, j’utilisais plutôt un hamac pour me surélever le plus possible en hauteur, afin d’éviter certains animaux à 4 pattes et les rampants. Globalement avec tout ce dont j’avais besoin, je suis parti avec un chargement de 30 kilos que je transportais grâce à une remorque de randonnée, une sorte de sac à dos fixé sur une structure en aluminium avec des roues et des anses en haut pour être attaché à ma hanche par un harnais. Je m'étais fixé comme objectif de marcher un peu plus d'une trentaine de kilomètres quotidiennement et ce pendant 180 jours. »

Crédit photo : Claude Cazes

 

Son périple en Antarctique s’annonce jalonné de difficultés, à commencer par le poids important de la pulka, cette luge norvégienne de 150 kilos qui contiendra tout le nécessaire à sa survie et qu’il devra traîner durant tout son périple. L’oxygénation est également l’une des grandes problématiques pour ce type d’expédition réalisée dans un froid polaire, car Claude évoluera en moyenne à 2 000 mètres d’altitude. Il devra aussi éviter les crevasses, l'un des risques majeurs du continent polaire.

 

Mais pour Claude rien n'est impossible, c'est ce qu'il s'est mis en tête depuis qu'il est enfant. Il me précise ses pensées : « ce goût des challenges, prend naissance chez moi après la disparition de mon père, parti trop tôt : j’ai dû très jeune me débrouiller tout seul. J’aurais pu basculer du mauvais côté, faire de grosses bêtises, mais je me suis prouvé à moi même que malgré les embûches rencontrées en chemin, je ne flancherai jamais. Je continuerai de croire en moi, en ce que je suis et en ce que je fais...  Je resterai un grand enfant toute ma vie, je me suis toujours écouté. Je ne suis pas du genre à me dire tiens ce serait bien que je fasse cela un jour, mais je me dis plutôt ce serait bien que je fasse ceci maintenant et quand ce moment arrive je mets tout en œuvre pour y arriver. Je me dis que cela ne servirait à rien de reporter à plus tard ce que l’on a envie de faire aujourd'hui, puisqu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. »

C'est vrai, lors de sa dernière mission au bord du Nil, Claude malgré les obstacles élevés sur sa route, n'a pas baissé les bras et a poursuivi sa mission jusqu’au bout pour donner des médicaments et partager des moments d’émotion avec les populations locales. Les sourires des enfants étant pour lui, comme il me dit, la plus merveilleuse des récompenses. Claude tiens à ajouter lors de notre entretien : « mon moteur principal dans toutes mes aventures, c'est ma femme et mes enfants. Dans toutes mes expéditions, je me dis que plus j'avancerai vite et plus je les reverrai vite. J’ai envie que mes enfants soient fiers de leur papa. Ma fille de 9 ans et mon garçon de 6 ans me voient un peu comme un super héros. L’autre jour, je les ai surpris alors qu'ils s’amusaient dans leur chambre et jouaient aux explorateurs. J'ai la chance de pouvoir compter sur le soutien sans faille de ma famille et cela me donne une force supplémentaire incroyable, même si l’éloignement avec ma compagne est toujours dur à vivre.  Ça fait énormément d’années qu’on se connaît, on se soutient mutuellement pour avancer ensemble, en faisant en sorte de vivre ce que l’on a chacun envie de vivre. Il y a une grande compréhension et respect de part et d'autre. Pour la rassurer, je disposais quand même d'un téléphone satellite pour communiquer au moins une fois par semaine une à deux minutes à chaque fois pour lui dire que tout allait bien. »

 

A l'écoute de son récit d'aventure, j'ai le sentiment que Claude Cazes a compris qui il était et ce qu’il voulait faire dans la vie : réunir sa passion pour l’aventure, son envie de toujours se dépasser et assouvir son besoin d’aider les autres, telle semble être sa mission sur terre.

 

A côté du défi physique et personnel, Claude Cazes souhaite aussi défendre la cause animale. A travers cette nouvelle aventure, il a décidé de soutenir, des associations de protection de la nature importantes à ses yeux comme "Anymal", portée et créée par l'humoriste montpelliérain Rémi Gaillard. Elle a pour vocation de défendre et de protéger les animaux abandonnés (en fin de vie, provenant de cirque ou de zoos...) en leur offrant des espaces de liberté et en préservant ainsi leur bien être. 

En se battant pour la cause animale, Claude Cazes sait très bien qu’il se fermera des portes, comme il me l'explique : « certaines marques ne peuvent pas communiquer avec moi, car elles ne sont pas irréprochables sur la question du bien-être animal. Il faut savoir que les équipements spécialement conçus pour les expéditions polaires sont souvent en fourrure animale, car c'est ce qui a le plus efficacité contre le froid. Or, lors de mon expédition, je n'accepterai pas d'y aller avec de la fourrure d'animaux, ce qui sera pour moi une contrainte en plus. »

 

Droit dans ses bottes, le cœur de Claude est aussi grand que son courage. Il n'a de cesse de dépasser ses limites tout en mettant humblement ses victoires au service de causes humanitaires. Son dernier challenge à peine terminé, il se projette déjà dans sa prochaine aventure.

 

Vous pouvez apporter votre soutien au montage de l’expédition et son association créée en janvier 2019 AVENTURE CLAUDE CAZES  ou le suivre sur les réseaux sociaux en cliquant sur les liens ci-dessous :

Photos et vidéos Instagram @claude.cazes 

Compte Facebook 

C'est aujourd'hui mission accomplie. Pour parcourir ces 6 000 kilomètres au bord du Nil, Claude s'est donc préparé durant plus de 2 ans. Ses différentes épreuves physiques et mentales lui ont permis de franchir différentes étapes et d’habituer son corps aux efforts dans les conditions les plus extrêmes qu'il rencontrera bientôt en Antarctique. Claude Cazes souhaite s'attaquer prochainement au record de l'Américain Colin O'Brady en parcourant la même distance que lui soit 1 500 km mais cette fois-ci en moins de 54 jours. Il m'en dit plus sur son incroyable défi : «au départ je pensais faire un simple voyage touristique dans l'Antarctique, puis l'idée a fait son chemin petit à petit … Je me suis dit et pourquoi pas me lancer pour une marche en solitaire, sans assistance, en toute autonomie et dans le plus grand respect de l’environnement. Je compte effectuer le trajet en tirant un traîneau lesté d’environ 150 kg d’équipements spécialisés tel que : téléphone Satellite, GPS, Balise de détresse, Traîneau, vêtements spécifiques, nourriture, trousse de soins adaptée… Pour dormir pendant mon périple, je prévois 3 sacs de couchage que je superposerai, car la température moyenne de ce pays est de -20°C. Mon alimentation, sera 100 % bio, composée uniquement de fruits secs et de neige. Au-delà du défi physique, je souhaite témoigner du climat et de ses changements. J'espère surtout éveiller les consciences des plus sceptiques sur les problématiques du réchauffement et des conséquences environnementales catastrophiques pour notre planète. Pour réussir cette formidable aventure, le budget estimé est d'environ 180 000 €. A ce jour, je recherche encore de nouveaux sponsors et mécènes pour financer le projet et rendre possible mon départ.  Le prix du déplacement représente à lui seul une bonne part des dépenses. Je devrai aller en Argentine pour prendre un avion à ski qui me conduira par la suite sur le continent Austral.»

 

Pour l’Antarctique, outre la condition physique et les ressources financières, il lui faudra également obtenir les autorisations administratives, en général réservées aux aventuriers habitués des Cercles polaires. Au printemps prochain, Claude Cazes réalisera dans un premier temps une expédition au Groenland de 500 km pour franchir un premier palier. C’est ce qu’a fait O’Brady avant d’être autorisé à marcher sur l’Antarctique , comme il me l'explique : « l’Antarctique, si tout va bien, j'y serai en novembre 2022, afin de bénéficier de températures plus clémentes du fait de l’été austral (-30° en moyenne tout de même). Comme l’Américain, je m’élancerai en ski de fond de l’Union Glacier, en direction du Pôle Sud (900 km). Ensuite, je prévois de sortir des traces de Colin O’Brady : après le Pôle Sud, ce dernier a emprunté une route balisée, ce qui de l'avis de beaucoup est contraire au principe du “sans assistance”. Pour ma part, une fois passé le Pôle, je continuerai jusqu'à atteindre les 1 500 km. »

 

Pour battre le record de Colin O'Brady en solitaire et sans assistance, il faudra que Claude parcourt en moyenne 28 à 29 km par jour, tout en gérant le froid, la faim et la fatigue. Ce qui le ferait rentrer, en cas de succès, dans le cercle très fermé des explorateurs de l'extrême. La « traversée » de l’Antarctique est sûrement l’un des plus grands défis terrestres qui reste encore à relever aujourd'hui par l’Homme.

Qui est Claude Cazes ?

Né en 1982, ancien instructeur à la Légion Etrangère, Claude est un explorateur dans l'âme. Après la perte d'un parent très tôt pendant son adolescence, il a du tout apprendre par lui-même. Dans sa vie et ses différents projets, son intuition et son cœur guident toujours ses choix. Ses nombreux défis, lui ont permis de tester ses limites physique et mentales et lui permettent aujourd'hui de transmettre son expérience lors de conférences sur la motivation et le dépassement de soi, la cohésion de groupe ou encore la survie en milieu hostile. Aventurier de l’extrême, Claude s'est lancé depuis 2019 dans des défis Sportifs Humanitaire pour aider est sensibiliser la population aux causes Environnementales et Animales (Gestion des projets Challenges, Défis et expéditions). 

Défis sportifs accomplis :

2021 Mars / Juillet :

 

Expédition le long Nil soit 6671 km en 6 mois, du Burundi source du Nil jusqu'en Egypte son embouchure pour apporter des médicaments à la population Africaine dans le besoin par le biais d'ONG locales et leurs apporter un soutien financier pour les aider dans leurs actions.

 

2020 Décembre :

Ironman en solo 4 km de natation, 180 km de vélo et 42 km en courant pour collecter des fonds pour l'associations AÏDA qui soutient les enfants et jeunes adultes touchés par un cancer.


2020 Octobre : 

 

Tentative de record du monde en Namibie (42 km) : marcher dans le désert Namibien en hypoxie sans manger et sans boire (avec suivi médicale). 33,8 km ont été effectué arrêt de l'épreuve suite à des hallucinations.


2020 Septembre :

 

Participation à l'émission Ninja Warrior de TF1.


2020 Janvier :

 

Immersion totale dans la glace durant 1h01min sans changement de température interne. (défi encadré par une équipe médicale)

 

2019 Octobre :

 

24h de marche sur tapis de course au polygone de Béziers (4x6h avec seulement 15 min de pause pendant chaque arrêt avec un masque simulant l'altitude à 3657 m et un gilet lesté de 8kg).

 

2019 Septembre : 

 

24h sur vélo d'appartement en salle (pédaler pendant 4x6h avec seulement 15 min de pause pendant chaque arrêt avec un masque simulant l'altitude à 3657 m).

Crédit photo : Philippe Sabathier

Crédit photo : Philippe Sabathier

Défi à venir :

en 2022  : battre le record de la traversée de l'Antarctique détenu par l'américain O’Brady soit 1500 km en moins de 54 jours.

Pour conclure, la citation d'André Gide illustre bien la démarche de Claude Cazes :

« Ce n'est que dans l'aventure que certaines personnes réussissent à se connaître".

Buen camino :-)

Lionel de Compostelle

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